Introduction
Nous sommes en Picardie. Ce matin, un pâle
soleil d’automne, éclairait la campagne de sa lumière diffuse. Un nouveau jour
plein de promesses se levait…
Jean Lejeune, devant son ordinateur, était tout joyeux.
Il allait être seul toute la journée… Enfin il ferait ce qu’il lui plait, sa
petite cuisine personnelle.
Notre Jean était plutôt du genre
solitaire.
Il
adorait son épouse mais aimait la solitude. A présent qu’il était à la retraite,
il aimerait bien profiter de ces quelques années qui lui restaient à souffler un
peu.
Sa
vie de paysan bien remplie, des jours et des jours à arpenter ses champs en
toutes saisons, seul sur son tracteur ou ses machines agricoles, avaient fait
son caractère solitaire.
Pas
un de ses fils n’avait repris la petite exploitation agricole. Ayant tout cédé,
il se retrouvait à ce jour avec peu d’occupation, si ce n’était son ordinateur
et internet.
Une
petite pièce à l’étage qu’il avait aménagée lui servait de refuge quand il
faisait mauvais dehors. Ses souvenirs accrochés aux murs retraçaient sa vie avec
cartes et photos. Il aimait cette pièce personnelle où il passait beaucoup de
temps. Un jour, il écrirait ses mémoires ? Peut être sur la guerre d’Algérie
qu’il avait faite comme tous les gars de son
âge.
Il
ne paraissait pas ses 61 ans. Un mètre soixante-quinze, un peu enveloppé, le
crâne rasé. Il avait gardé l’allure du sous officier qu’il avait été à vingt
ans. Droit sur ses pieds, le regard vif, un homme qui aimait l’action. « Il
n’était pas encore mort à son âge », pensait-il
Une
idée germa dans son esprit. Sa femme était absente pour la journée. Un voyage
organisé par un club de retraités paysans, un petit tour à Bruges. Lui, ça ne le
passionnait pas de faire une journée en bus. Il avait choisi de rester
seul.
Son
idée, surfer sur internet. Il avait vu des offres sur le
net.
Pourquoi pas ?
Il
allait apprendre,…qu’il était facile de se faire
piéger.
Après une demi-heure de navigation, un message clair lui
fit des propositions pas très honnêtes. Une femme lui lança ce
message :
-
Tu es seul ?
-
Oui !
-
Quel âge ?
-
La soixantaine !
-
Ton adresse, j’arrive mon chou ! Dans une heure je suis chez toi, c’est-à-dire à
dix heures environ. Discrétion assurée. Tu ne regretteras pas la belle
Mina.
Il
avait osé, il se surprenait lui-même. Quelle aventure il allait vivre ?
Il fit un peu de ménage rapidement, un brin
de toilette, parfum et tout le tralala ; comme un jeune collégien fébrile, il attendit
en fixant la grille d’entrée.
« Elle
trouvera facilement » pensa Jean. « Il parait que c’est la plus belle
maison du village ». Cela pouvait l’être, elle avait coûté assez
cher ; après tout, il la méritait bien, après une vie si bien remplie par
toutes sortes de péripéties qu’avait été la
sienne.
Oui, elle était belle sa villa. Sur une petite
butte à la sortie du village, en plein cœur du plateau picard. Retirée de la
nationale, un calme apparent régnait sur cette maison. Construite de briques
rouges, avec de belles tuiles
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