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Je fais mon pain

Le début du livre

Note d’une amie de l’auteur

Cet ouvrage, que vous allez lire ou dévorer, selon que vous êtes gourmand ou gourmet, vous sera très utile !

L’auteur a dressé un condensé de recettes à la portée de tout le monde pour confectionner soi-même tous les produits à base de farine.

Comme sait si bien le dire un homme maintenant célèbre :

Parce qu’il y en a marre !

Evidemment, qu’il y en a marre de « bouffer », excusez-moi, de « manger » du pain de triste qualité !

Nous sommes dans un siècle où l’évolution technique devrait permettre de ne consommer que des produits de qualité irréprochable, mais il n’en est rien, seule la rentabilité est au rendez-vous.

Il ne nous reste plus donc qu’à faire notre pain nous-mêmes !

L’auteur fut mon boulanger pendant vingt-cinq années, fournissant le pain de tous les jours et les brioches et gâteaux pour le baptême, la communion et le mariage de mes enfants.

Bref, pendant toute une partie de ma vie, j’ai savouré ses bons produits !

Quand sonna l’heure de sa retraite, ses remplaçants ne suivirent pas le même chemin que lui. A présent, il n’y a plus du tout de boulanger au village. A qui la faute ?

Les grandes surfaces ? La mauvaise qualité du pain ?

Oui, un peu des deux, je crois.

Mais aussi au manque de courage des jeunes boulangers qui ne veulent plus se lever à quatre heures du matin !

Que les lignes qui suivent vous donne l’envie de manger du bon pain, celui que vous ferez vous-même ; croyez-moi, cela en vaut la peine !

Une ancienne cliente et amie,

Marie-Claude  L…

Le pain au Moyen Âge

Je ne pouvais pas commencer ce livre sans vous parler du pain au Moyen Âge.

Le Moyen Âge couvre une période qui va du Vème au XVème siècle, soit environ un millier d’années.

Dans nos campagnes, les paysans apportaient au meunier les grains qu’ils récoltaient. Il y en avait un dans chaque village, voire plusieurs.

Les meuniers utilisaient soit des moulins à vent, soit des moulins à eau, selon la configuration des lieux.

Souvent, les gens étant très pauvres, ils faisaient du troc avec le meunier qui prélevait une quantité de farine pour se payer de son travail. L’argent était rare, seuls les seigneurs avaient monnaie, or et argent. Les billets n’avaient pas cours comme de nos jours.

Muni de sa farine, le paysan faisait sa pâte chez lui et la menait chez le fourrier pour qu’il la lui fasse cuire, le terme boulanger datant de la fin du Moyen Âge.

Pourquoi ce nom de boulanger ?

Le terme usuel pour des grains écrasés était la boulange, dont est venu le terme boulanger, celui qui travaille la boulange.

Le four appartenait au Seigneur. Jusqu'à la fin du 12ème siècle, il était interdit au commun des mortels de posséder un four à pain.

Ce pain, quand les récoltes étaient bonnes, était composé d’un mélange de farine de seigle et de farine de froment.

Les années de mauvaise récolte, un mélange était fait de diverses farines : fèves, haricots, … et même de la sciure de bois !

Le pain ne manquait pas sur la table des nobles et des bourgeois, mais il en était tout autrement chez les petites gens.

A ce cette époque, il n’y avait pas encore de fourchette ni d’assiette ; les gens mangeaient sur de grandes tranches de pain appelées tranchoirs. Dessus ce tranchoir, étaient disposés la viande, les légumes, les épices, les crèmes et les sauces, que l’on dégustait avec les doigts.

Puis ce tranchoir de pain était donné aux pauvres. Ainsi, il n’y avait pas de corvée de vaisselle !

En guise de tranchoir les plus pauvres devaient se contenter d’une planche de bois.

Pourquoi tenais-je à vous dire cela ?

Pour vous montrer la chance que nous avons, de nos jours, de pouvoir librement construire notre four et faire notre pain !

Mais nous sommes encore très peu à en profiter.

En pensant à ces pauvres gens qui firent eux-mêmes leur pain avec peu de connaissances et encore moins de moyens, le lecteur aura envie de prendre une certaine revanche sur la qualité de vie en perpétuelle régression.

Vous allez donc vous mettre au travail pour fabriquer votre pain quotidien, j’en suis absolument certain !


 

Comment je suis devenu boulanger

Le 6 juin 1951, je passais mon certificat d’étude primaire comme la majorité des enfants de mon âge. Je venais tout juste d’avoir 14 ans, le 13 mai.

La France était en pleine reconstruction et l’occupation allemande était encore présente dans nos esprits.

Quelle jeunesse avions-nous eu ?

Pas bien brillante, la peur, les privations en tous genres. Du mauvais pain et, en plus, il était rationné !

Je me souviens des cartes de pain. Une sorte de petit carnet, avec des timbres que nous découpions pour donner aux commerçants. Nous avions droit à 150 grammes par jour et par personne. Cela représentait une tartine de gros pain noir, à la mie collante et indigeste.

Heureusement, à la campagne, il y avait toujours le système D qui consistait à se débrouiller pour faire sa farine et son pain soi-même.

J’allais donc voir très tôt comment ma mère faisait.

© 2008