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INTRODUCTION

 

 

 Nous sommes quelque part en Gironde, en 6 222 avant notre ère, en pleine révolution néolithique. Les hommes commencent à se sédentariser.

 

 

Un chaud soleil  baignait de sa couleur éclatante l’eau sans ride du fleuve qui s’écoulait lentement.

Pas la moindre onde à sa surface. 

A en juger par la position du soleil, on était au milieu de la journée.

 

Une biche buvait tranquillement sur la berge. Sur les hauts chênes, deux palombes roucoulaient.

 

Soudain, une main sortit de l’eau, une main velue, suivie d’un bras étonnamment musclé. Celle-ci glissa à la surface.

 

La biche s’enfuit dans une gerbe d’eau. Les deux pigeons claquèrent des ailes en disparaissant dans la forêt.

La main chercha une prise, tâtonnant un rocher qu’elle agrippa  fermement. Les muscles roulèrent sous la peau tannée par le soleil. Quelques secondes de silence... 

Dans un fracas d’eau et de lumière, une forme jaillit des calmes profondeurs du fleuve, une forme humaine, ruisselante, qui se dressa, prenant pied sur une roche plate affleurant au niveau de l’eau. Elle tenait dans une main un énorme poisson qui bougeait encore.

 

Quelle était cette étrange créature ? Ce grand corps presque nu, simplement vêtue d’une peau de bête brune nouée autour de la taille ?

 

L’homme, parce que cela en était un, resta immobile quelques secondes, reprenant son souffle.

 

Puis, d’un bond, souple comme un félin, il se retrouva sur la grève. Il mesurait plus d’un mètre quatre-vingts et avait environ vingt ans. Ses longs cheveux qui n’avaient jamais été coupés, bruns et souples, étaient retenus en queue de cheval par une tresse de roseau.

Son visage aux traits réguliers, orné d’une jeune barbe noire, inspirait douceur et gentillesse, voire une certaine intelligence.

 

Calmement, il marcha en direction des hautes falaises brunes et blanches qui bordaient les rives du grand fleuve.

© 2010