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"Les éditions du Gastéropode" vous présentent "Le fils de Harkis" format 14,5 x21 250 pages.

Prix 18,50 €

Port offert: renseignements: 03 44 07 05 59 Mail : mauro.francis@neuf.fr

Ceux qui l'ont lu, parlent:

Je conseille a tous les anciens d'afn de découvrir "fils de harkis" un ouvrage qui retrace la vie d'un petit Algérien comme ceux que nous avons tous connus làbas lors de notre séjour ,Francis relate cette histoire d'un etre partagé par une situation paradoxale et dont l'issue est terrible !
Ces ouvrages de Francis doivent surement se trouver dans les bibliothêques dans les communes ou dans les maisons pour tous , en ce qui me concerne je fais connaitre ses ouvrages autour de moi c'est criant de vérité et c'est un témoignage d'un passé trop mal connu par notre jeunesse.
Amitiés a tous les visiteurs du blog
Nous n'avons pas de commentaires d'Oscar en ce moment mais je ne pense pas que cela ne vas tardé ! il construisait un mur aux dernieres nouvelles ,donc il ne pouvait pas etre à la bétonnière et devant son écran !
Saxe conflans bannière au vent !

Extraits

Introduction

 

 

 

Le 19 mars 1952 naissait Mohamed Toba dans la mechta Sidi Djémil, douar Talha.

Il venait au monde dans un milieu de fellahs, son père était parti en France pour travailler, comme beaucoup de gens du douar.

Ici, la terre ne nourrissait pas tout son monde, loin s’en faut !

La vie des montagnards Chaouias avait toujours été comme cela depuis la mémoire des hommes.

 

Sa mère Fatima, fille de Kabyle venait tout juste d’avoir ses vingt deux ans, fille unique, elle avait été élevée, par son oncle. Ses parents avaient disparu pendant la répression de 1945 à Sétif.

Elle avait déjà mis au monde trois sœurs avant Mohamed, qui était donc le quatrième enfant de la famille Toba. 

Son grand- père paternel, Brahim Toba, faisait office de chef de famille en l’absence de son père.

Ce grand- père était l’imam du douar, cumulant les fonctions de chef religieux, Maire du douar, et professeur de l’école coranique de la mechta de Sidi Djémil.

 Ce dernier avait la lourde tâche de l’éducation des jeunes enfants de la mechta.

L’école française la plus proche à Mondovi était  à 3 heures de marche sur une piste muletière. Donc personne n’allait à l’école trop éloignée.

 

Une certaine rancœur animait ce grand- père depuis la grande répression de Guelma en 1945 où, son frère avait été massacré par les forces françaises. Il avait gardé une haine vis-à-vis de la France.

Il ne manquait jamais de rappeler ce fait douloureux à ses jeunes élèves de l’école coranique.

La France ne lui avait jamais apporté autre chose que des ennuis.

 

Son père avait été tué à Verdun en 1917.

Quand à lui ; il avait perdu un œil pendant la campagne d’Allemagne en 1944.

Bien sûr il avait une belle médaille, avec une minuscule pension. Mais cela ne lui rendait pas son œil.

Il faisait semblant lors des fêtes nationales, en défilant aux monuments aux morts à Mondovi, de partager la flamme patriotique avec les pieds-noirs de la ville.

En réalité il les maudissait tous. « Mais il fallait sauver la face » qu’il disait à sa vieille femme Azora, qui ne parlait pas un mot de français comme beaucoup de Chaouias de ce douar.

 

En secret déjà, avec des amis du FLN il commençait à mettre sur pied la révolution pour l’indépendance.

Sans avoir l’air de rien, de jour en jour la toile d’araignée de la rébellion se tissait.

Il entra en action le fameux jour de la Toussaint en 1954. Participant activement aux actions de groupes armés, brûlant fermes et tuant bétails ; sa haine pour la France était une réalité, bien qu’il resta dans l’anonymat comme beaucoup de ses amis. Il resterait donc dans la semi-clandestinité. Il ne pouvait prendre le maquis de part son âge et son œil en moins.

 

Mohamed allait grandir dans ce contexte de guérillas.

Ses premiers pas, il allait les faire en contemplant les premiers soldats français qui envahissaient son douar.

 

En 1956 il avait tous juste quatre ans quand il vit pour la première fois son père Ahmed Toba.

Celui-ci était revenu de France après avoir fait dix huit mois de service militaire à Lyon, au 8ième  Cuirassiers.

Jamais il n’avait réussi à s’offrir le voyage pour voir son fils unique qu’était Mohamed.

Quelle joie pour tous les deux de se trouver pour la première fois.

À quatre ans Mohamed était selon son grand- père un enfant très en avance pour son âge.

Mohamed allait savourer ces rares moments avec son père.

Bien vite, son père dut repartir porter l’uniforme comme harki dans la S A S au Bordj Ben Yacoub, à quelques encablures de la mechta Sidi Djémil.

 

De rares permissions avaient de temps à autre le doux privilège de réunir un court moment Mohamed et son père. Déjà il n’aimait pas voir son père en uniforme, sachant que cela était une contrainte.

 

Quant à son grand- père…,  celui-ci maudissait tout simplement et ouvertement son fils, qui portait l’uniforme de l’armée française. 

Le jeune Mohamed ne savait plus ce qu’il devait faire : aimer ou haïr son père ?

 

Un jour du 29 mars 1958 alors qu’il venait tout juste d’avoir 6 ans, une Jeep militaire venait lui apporter la dépouille de son père.

Celui-ci avait été tué en opération dans le djebel Marioum, en même temps qu’un maître-chien gendarme européen.

Son pauvre père devait être décoré de la médaille militaire à titre posthume.

 

Ce furent quelques jours inoubliables pour ce jeune garçon qui lui, ne verrait plus jamais son père.

À partir de ce jour sa vie venait de basculer.

 

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