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4 iéme Hussards
Le défouloir de la rose
© 2008

Francis  MAURO

 

Réflexions et poésies

  

  16 €

 

NOTE DE L’AUTEUR

A 70 ans, je vais toujours de l’avant, mais je commence à regarder dans mon rétroviseur.

Ce que j’y vois, c’est une vie bien remplie, avec des hauts et des bas, comme tout le monde.

De mes succès et de mes échecs, il me reste, en filigrane, une certaine vision de la vie, des gens, des sentiments… Comme j’écris je gribouille, plutôt du matin au soir, je voudrais vous faire partager le fruit de mes réflexions, mes pensées et quelques poésies que mon éditeur qualifie « d’engagées ».

Ce petit recueil est donc émaillé des unes et des autres…

Il est certain que mon jugement des choses a été et est encore fortement influencé par mon séjour en Algérie, pendant la guerre d’indépendance, où j’ai participé au maintien de l’ordre comme 2 700 000 autres jeunes Français.

Il m’en est resté un fort penchant anti-raciste et, par extension, une condamnation de toutes les dérives communautaires. Chacun a droit à sa différence, sans pour autant la mettre en exergue, ni s’ériger en martyre de la société.

Rassurez-vous, il y a aussi de la frivolité, de la légèreté et de la poésie, dans mes idées.

A bon entendeur, salut !

Bienvenue dans le labyrinthe de mes pensées !

 

Quelques lignes du livre,rien que pour vous!

 

La caissière

Quand je te vis pour la première fois,

Je ne te remarquai pas.

Mon regard, indifférent, au-dessus de toi passait ;

je t’écoutais parler.

Puis j’entrevis, comme dans un éclair de lumière aveuglante, ta beauté.

Mon regard ébloui descendit vers toi.

Jamais je ne vis si belle créature !

Je devinais les traits de ton visage, comme sous la transparence du cristal.

Tant ta divine image paraissait fragile, délicate, empreinte d’une douceur et d’une sérénité indéfinissables.

De cette fluidité de ton visage, je croyais voir le fond de ton âme, si belle, si pure.

D’une tendre jeunesse ouverte à la vie.

Tu parlais. Mais je n’entendais pas tes paroles.

Je voyais seulement, comme enchanté, tes lèvres qui remuaient comme des pétales de roses caressés par un vent d’été.

Puis tu cria soudain en me regardant : c’est à vous, Monsieur !

Je te tendis mon billet.

Le charme était rompu. Je revins sur terre.


Image

Et si la vie était un grand flipper ?

Nous en serions la boule.

Lancée avec douceur pour certains,

Avec violence pour d’autres.

Déjà, une inégalité dans l’élan.

Tapant à gauche, puis à droite,

Dehors, dedans.

Chahuté dans tous les sens,

Allant sans faiblir vers les sommets.

Frappant, virevoltant, évitant les obstacles,

Les percutant de plein fouet

Avec plus ou moins de chance,

S’accrochant ici et puis là

Avec l’énergie du désespoir.

Sachant qu’un jour ou l’autre

Nous retomberions à la case départ,

Quoi que l’on fasse,

Quoi que l’on dise,

Sans jamais pouvoir repartir à sa guise,

Un soir,

Pour un nouveau départ.


Les mots ont une source

Parfois les mots s’écoulent, goutte à goutte, sur la feuille blanche de papier.

Puis ils ruissellent avec régularité.

Et s’arrêtent soudain.

On ne sait pourquoi

Plus rien ne vient !

Soudain, de nouveau, des gouttes sombres, incohérentes, que l’on élimine d’un revers de plume rageur, froissant la feuille qui va au panier.

C’est l’accalmie qui prépare l’orage !

Une averse de mots débordante d’allégresse se prépare dans le ciel noir de la pensée.

Bientôt cela tombe brutalement, en gros traits puissants, intarissables, semblant ne jamais vouloir cesser.

Et de nouveau le calme plat des gouttes qui roulent doucement avec régularité.

La rivière des mots reprend ses droits

Pour combien de temps ?

Personne ne le sait !

Ainsi va l’imagination, pareille à un cours d’eau qui a pour élément les mots.

Ces mots que l’on met bout à bout pour faire des phrases, qui viendront traduire le flux de la pensée de l’être qui les diffuse.

Il en est des mots comme des crues,

Souvent régulières et prévisibles,

Parfois soudaines et meurtrières.

L’âme

L’enveloppe charnelle n’est qu’une simple carapace qui contient notre esprit.

Plus ou moins indescriptible de beauté, de haine et de gentillesse habilement dissimulées sous elle.

Sous des aspects trompeurs, dans la majorité des cas.


Mon ami picard tombé en Algérie

Notre belle Picardie,

Bientôt tu devais la revoir.

Demain, tu serais parti

En chantant l’au revoir.

La dernière opération,

La dernière patrouille.

Tu faisais attention,

Quelle mauvaise fouille !

                                  

Ils étaient là, tapis,

Prêts à tout

Dans ce gourbi.

Ils sortirent, fous,

En tirant sur toi.

A genoux, tu tombais,

Le regard en effroi,

Le cou transpercé.

La vie s’en allait,

Brisant ainsi

Tous tes projets.

Tout était fini.

Pour reposer en paix,

Le voyage tu le fis

En cercueil plombé

Pour rejoindre ta Picardie.

Une petite plaque

Sur le monument

Me rappelle, comme une claque,

Tous ces tristes moments

Depuis quarante ans

Que cette guerre est finie.

Qu’il a passé, le temps !

Mais rien ne s’oublie.

Toi, mon ami de Picardie,

Ces quelques vers

Je te les dédie.

Ne pouvant moins faire

Et que vivela Picardie,

Cette fois en paix.

Pour toi, mon ami,

Mort en Algérie.

Jugement

Nous sommes trop proches de nous pour porter un jugement sur notre personne.

Comme nous sommes trop éloignés des autres pour porter un jugement sur eux.


Pluie d’automne

L’été a rangé ses rayons.

Elle est morte la saison.

Mon cœur est triste

De ce ciel sinistre.

Au loin, l’horizon bouché

Ne laisse rien présager

Que ta seule venue,

Toi, pauvre ingénu.

De tes pleines gouttes

Martyrise mon cœur en déroute.

Tu vas pourtant bien l’achever

Sans même te retourner.

Immonde maîtresse

Dépourvue de sagesse,

Forte de ta puissance

En peine d’aisance.

Que vais-je faire ?

Cela t’indiffère !

Moi, pauvre humain

Seul sur ce chemin.

Mais, la vie, tu l’apportes

Riant à notre porte,

Sûr de toi depuis toujours.

Tu nous apportes l’amour.


La nuit et le jour

Nuit ! Belle, puissante, inonde

De ton caprice le monde,

Berçant nos doux rêves

Quand le jour se lève !

Un nouveau jour éclate

Dans sa couleur délicate.

Que sera-t-il, ce gredin ?

Sera-t-il joie ou chagrin ?

Qu’importe, pourvu qu’il soit !

Nous berçant de sa joie,

De sa joie d’être vivant

Pour nous, pauvres mourants.

Ambition

Ceux qui veulent tout pour rien

Se retrouvent un jour

Avec rien, pour tout !

  

Ne calomniez pas !

Ecrivez, toujours et encore !

Il en restera toujours quelque chose,

Même si ce n’est que quelques feuilles

Jaunies par le temps !