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Introduction.
Oui ! Quatre vies, c’est beaucoup pour un seul homme ?
Non ! Nous avons tous plusieurs vies.
Vous êtes curieux de connaître les miennes ?
Oui ? Non ?
Bon alors allons y quand même!
D’abord je vous parlerai de ma toute prime jeunesse, celle qui allait déterminer mes autres vies.
Il est évident que je ne vous relaterais que les faits marquants et qui ont un petit intérêt à être lus.
Il s’agira de ma scolarité, puis mon adolescence, et ensuite l’appel des armes, le retour à la vie civile, ma vie professionnelle artisanale, puis la vie des bois, pour finir l’écriture.
Donc pour résumer mes vies :
1 : militaire. (4 ans)
2 : artisan boulanger. (32 ans)
3 : forestier. (11 ans)
4 : écrivain. (Depuis 2001 à ce jour)
Cela fait bien quatre vies
-Va-t-on trouver matière à réflexions ?
Certainement !
Militaire, la vie coriace du conflit Algérien.
Artisan boulanger, le contact enrichissant avec le consommateur.
Forestier, la nature, dans toute sa beauté. C’était dur et malgré tout merveilleux!
Ecrivain, là pas moyen de dire autre chose, c’est ma plus belle vie.
Je dédie également ce livre à mes enfants, petits enfants et arrières petits enfants, si parfois ils leurs venaient l’idée de savoir d’où ils viennent et où sont leurs racines.
Pour ce qui est de ma position « politique » j’en suis « revenu » et aucun parti ne m’attire vraiment que ce soit à gauche, à droite ou aux extrêmes ; je suis donc au moment où j’écris ces lignes dans la « majorité silencieuse » de citoyens à tendance humaniste , laïque et républicain avant tout.
L’auteur à sa naissance.

13 mai 1937 Francis, bébé de 12 livres à la naissance.
(C’est vrai !)
Chapitre premier.
Mes jeunes années.
Ma grande sœur Elisabeth était née 9 ans avant moi. J’allais être le fils unique de notre famille.
Je suis né un 13 par une belle fin de journée du mois de mai 1937, à Dreslincourt dans le département de l’Oise, en Picardie. (Je suis donc par définition un Isarien , Gaulois par le nom de la rivière Oise, Isara, nom donné à ce cours d’eau au temps des Gaules.
Cette chère Picardie, que jamais je ne quitterais définitivement.
J’aime ce pays avant tout, pour sa beauté sans cesse renouvelée, ses creux et ses vallons, ses grands espaces plats de champs cultivés, ses cours d’eaux tranquilles qui parfois se fâchent et débordent.
Ses forêts riches de ses beaux bois aux essences multiples.
Puis son Climat, ni trop chaud, ni trop froid. Ses fruits rouges, ses arbres fruitiers et ses primeurs, qui poussent en abondance sans problème majeur.
Pour finir ses habitants, des travailleurs au cœur rude avec le bon sens qui prédomine.

Ma sœur Lisette et moi.
Comment ne pas aimer ce pays qui a vu passer des milliers de peuples durant des siècles. Avec les guerres et les conquêtes qui n’en finissaient plus.
Son sol est truffé de souterrains où les Picards se réfugiaient pendant les périodes d invasions.
A partir du moment où ma mémoire commença à fonctionner, ce fut hélas pour avoir des souvenirs de l’exode de 1940.
Mon père était mobilisé, comme tous français en état de prendre les armes.
Je me souviens des boutons brillants de sa capote de soldat. Je jouais avec quand il me prenait dans ses bras au cours de ses permissions.
Puis ce vague souvenir de l’évacuation dans une charrette tirée par des chevaux,
Comme j’étais heureux de contempler le ciel du haut de la charrette.
Alors il y avait la foule immense, hommes femmes enfants soldats qui grenouillaient sur les routes chaudes de l’été.
Cela ne dura pas longtemps. Nous retournâmes à la maison dans mon petit village de Dreslincourt.
Ce fut triste de voir que les soldats avaient occupé notre maison pendant notre absence. Ils avaient pillé tous ce qui était transportable. Ils avaient brûlé des meubles et des arbres fruitiers, qu’ils en avaient abattu pour faire cuir leurs aliments.
Le plus révoltant c’est qu’il s’agissait de soldats français.

Francis et son père Giocondo au jardin.
Mon père avait eu de la chance à cette époque. Ce fut au moment où les allemands arrivaient, qu’il fut en convalescence pour une blessure à la main; si bien qu'il nous rejoignit sur la route de l’exode et nous retrouva miraculeusement in extrémis.
Les allemands arrivaient au bout d’une rue avec leurs autos mitrailleuses, quand mon père se changea en civil avec ses habits que ma mère lui donna en hâte.
Il jeta ses habits militaires dans la nature. Quand les allemands le contrôlèrent, voyant un civil, ne firent pas attention à lui, trop pressés d’en découdre avec des militaires en fuite. Il ne lui resta plus qu’à jouer à cache-cache pendant cinq années avec l’ennemi.
Voici pour mes premiers souvenirs de jeune enfant de trois ans en juin 1940.
En partant de la gauche, mon père Giocondo Mauro est le troisième sur le rang du haut.
Entretemps, gravement malade ayant contracté une septicémie, j’étais à l’article de la mort.
Ma mère qui avait appris l’allemand dans sa jeunesse, fut réquisitionnée pour servir d’interprète occasionnelle aux allemands. Ne trouvant personne pouvant me soigner, elle demanda de l’aide à un docteur allemand, qui prit l’initiative me transfuser du sang de soldats allemands, et le miracle fut que je m’en sorte grâce à nos occupants. J’en gardais de profondes séquelles au début, et je dus réapprendre à marcher, mais j’étais sauf.
Ici ce fut une belle parenthèse sur cette guerre. J’avais eu beaucoup de chance de tomber sur un excellent docteur. Comme quoi en guerre il y a parfois des gestes d’humanité.
Ensuite ce fut ma scolarité à l’école publique et laïque de mon village.
Cette école maternelle où j’apprenais mes premières lettres de l’alphabet. Là aussi il fallut que ma mémoire enregistre de drôles de souvenirs pour un jeune enfant.
Notre salle de classe gardait des fenêtres ouvertes quand le temps le permettait. Il y avait toujours une grande élève qui restait de faction à la porte de la classe pour écouter s’il n’y avait pas d’alerte.
Au déclenchement de l’alerte, nous sautions rapidement par les fenêtres de la classe.
Un escalier avait été aménagé sous chacune d’elles, si bien qu’en quelques secondes nous étions tous, dans la grande cave en dessous.
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