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http://www.lettresetmemoires.net/notre-jeunesse-perdue-en-algerie.htm

Notre jeunesse perdue en Algérie.
chez vous pour 18€ (plus le port)
il ne reste que 6 exemplaires.
(c)éditions du Gastéropode: livre de 215 pages format: 15x21.
mauro.francis@neuf.fr
extrait:
Le motif de mon engagement
La guerre d’Algérie ne portait pas encore ce nom en 1956, lorsque je décidais de m’engager pour aller défendre une province française, sur cette terre d’Afrique. J’avais alors à peine dix-huit ans et pourtant tout mon temps avant que l’on m’appelle pour faire mon armée. Avant cela, elle aurait pu être terminée cette sale bagarre ?
Non ! Je ne voulais pas encore en manquer une ! J’étais trop jeune pour celle de 39/45 et plus encore pour l’Indochine. Il faut dire que j’étais élevé dans un contexte de guerre et j’avais vu en 1943 - alors âgé de sept ans - des parachutistes US hébergés chez mes parents, avant que ceux-ci ne les aident à se rendre en Angleterre. Ces pilotes de bombardiers furent abattus par la DCA allemande.
Ma jeunesse ne fut qu’à l’écoute des patriotes. Les poilus de 14/18 ainsi que les prisonniers de retour d’Allemagne et les FFI nous abreuvaient de leurs combats, nous conditionnant, inconsciemment, à faire comme eux.
À cette même époque, nous pouvions lire sur de grandes affiches placardées sur les murs, à peu près ceci :
« Jeunes français, engagez-vous ! Une province française est en danger, ne laissez pas les rouges nous la prendre. »
En arrière-plan, sur cette affiche un soldat en arme, illuminé de soleil ; entouré de quantité de blés, de raisin, ainsi que le pétrole, montrant la richesse de ce pays.
Il était également écrit :
« Un jour sur neuf, les ouvriers français travaillent pour L’Algérie. »
J’en conclus donc qu’il ne fallait pas perdre cette province française.
Le seul moyen de la conserver ?
Se battre pour cette terre que je pensais être une partie intégrante de la France.
Les faits qui suivent me démontrèrent que la situation était toute différente de ce que notre jeune âge pouvait comprendre. Nous ne savions rien du tout sur cette terre française mis à part qu’il y faisait beaucoup plus chaud que dans notre chère Picardie. En France, les Algériens n’avaient pas trop mauvaise presse. Une minorité d’européens seulement disait d’eux qu’ils étaient des voleurs et des hommes bien peu courageux, entre autres choses, bien sûr. D’autres, en revanche, affirmaient qu’ils étaient de sacrés combattants, l’ayant d’ailleurs, prouvé lors de toutes les dernières guerres récentes.
Nous verrions bien une fois sur place !
Nous ferions nous-mêmes notre opinion.
La curiosité, également, m’incita à aller voir, sur place, ce conflit dont la presse nous imprégnait jour et nuit et à dix-huit ans, nous nous croyons parfois immortels.
Je partis donc par un beau matin glacé de janvier 1956, seul et à pied sur la route me conduisant à la caserne de Noyon située à sept kilomètres de mon village. Je n’en avais pas pour longtemps à parcourir ces quelques kilomètres, environ une heure un quart pas beaucoup plus. Autrefois, peu de voitures faisaient encore leur apparition. Nous étions habitués à marcher car les taxis restaient, hélas, très chers, pour beaucoup.
La gare la plus proche était à cinq kilomètres de notre maison et mes parents faisaient partie de ceux qui n’avaient pas de véhicule. Je ne connaissais personne qui aurait pu m’emmener à destination et d’ailleurs, je n’aurai pas voulu ennuyer qui que ce soit. Marcher ne me déplaisait pas du tout et ce petit bout de chemin était tranquille. Par la suite, combien de kilomètres à pied, devrais-je faire chaque jour dans la plus totale insécurité ?
Avec le recul, je ne risquais vraiment rien sur ce trajet par rapport à la suite des événements.
Il faisait encore nuit lorsque je dis au revoir à mes parents, ce matin-là. Cela m’épargna de voir les larmes de ma mère. Néanmoins, mon cœur était serré et quand enfin je fus seul, je fis un énorme effort pour retenir mes sanglots. Dans ma tête, une chanson de l’époque résonnait :
« Partir c’est mourir un peu, car la guerre ! Car la guerre ! Est un drôle de petit jeu, qui ne plaît guère aux amoureux. »
Sachant que personne ne pourrait me voir, je laissais couler sur mes joues, les larmes retenues, comme un jeune enfant que j’étais encore. C’était bien la première fois que je quittais ma famille pour une si longue période et je savais pertinemment que pendant les trois premiers mois des classes, aucune sortie ne me serait accordée.
Fils unique, je n’avais qu’une sœur de neuf années plus âgée que moi. La veille au soir, je lui avais fait mes adieux et celle-ci fut triste de voir son jeune frère partir à la guerre.
Il faisait grand jour quand j’arrivais enfin à cette sacrée caserne du centre d’instruction du 7e régiment de Cuirassiers…
Bien sûr, quand j’y repense, cela me faisait une belle jambe !
Je me présentais à la sentinelle et bien vite, je fus habillé et logé avec une bande de bleus qui arrivaient en même temps que moi.
Déjà, ceux-ci me disaient :
- Putain d’engagé, tu ne pouvais pas rester chez toi ! Victime des affiches !
Combien de fois ne l’ai-je pas entendue cette réflexion !
« Victime des affiches ! »
Finalement, nous étions tous dans la même galère et les quolibets s’estompèrent vite. Je faisais tout pour être comme tout le monde bien que les classes ne se firent pas dans la douceur. Peu importe, moi qui aimais faire du sport, je fus servi.
Au bout de neuf mois, nous étions bons pour l’AFN. Nos gallons de futurs sous-officiers, en poche, nous embarquions pour l’Algérie, destination Bône – (Annaba de nos jours) -. Je brûlais d’impatience d’arriver dans ce pays, me battre et voir ces fellaghas. Le reste n’avait pas trop d’importance à mes yeux. Je voulais, moi aussi, pouvoir raconter plus tard, aux anciens de mon village, mes faits d’armes.
Avec le recul, je me rends compte à quel point on peut être idiot et naïf à cet âge !
Après un voyage ferroviaire dans le plus grand anonymat voulu par les autorités, nous arrivions à Marseille. Toute la nuit, nous traînâmes dans les rues chaudes de la ville et vidions nos maigres poches des quelques francs que nous avions encore.
Il fallait bien dire adieu à notre France !
Ce qu'en pensent les lecteurs:
Comment résumer un tel ouvrage, comment réagir face à une telle histoire réaliste, crue, histoire vécue par des milliers d'hommes et de femmes sur un même territoire, l'Algérie... Comment le poison de la guerre gangrène des hommes pour leur enlever la part d'humanité qui leur permet de se tenir dignement debout face à leur reflet dans une glace ? Après la lecture de cet ouvrage, je me pose une autre question : le silence ne peut pas effacer les maux de la guerre et quelles ont été les conséquences sur les enfants nés de cette génération partie se perdre dans les combats ?
Cet ouvrage va vous décrire la guerre d'Algérie comme on ne l'aborde pas... les mots sont ici exprimés avec courage et désespoir sur le quotidien, les horreurs engendrées par la guerre.
Frédéric Praud
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salut Francis
livre bien réceptionné
livre lu
le choc était au rendez-vous
la surprise non
l'homme est un guerrier, il se bat pour son clan, on n'a pas a juger l'acte accompli à l'instant T.
tu es passé par des moments ou la prise de décision a été certainement difficile, a priori tu as pris la bonne et tu as fait ton devoir.
Avec les amitiés du M.D.L.-A.D.L. Daniel GELIN
J'embrasse mon frère d'arme
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