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Toi,
fils de Harki, qui n’as jamais connu ton pays
Sait-tu le doux parfum de ta terre ?
La senteur des pierres chaudes au
soleil ?
La douceur de l’air tiède du matin plein de
promesses ?
Le chant des oiseaux dans les roseaux près de
l’oued où se mire le laurier-rose ?
Le son de la flûte du jeune berger qui fait
avancer son troupeau dans la montagne ?
La voix perçante de l’Imam qui chante les louanges
du Coran, pour la prière du matin ?
Le ciel bleu azur qui se reflète dans la
mer ?
Le vent chaud du Sud qui caresse ton visage, en
murmurant à ton oreille une chanson douce que ta mère te chantait quand tu étais
petit ?
Non ! Tu ne sais rien de tout cela, à ton grand
désespoir !
Rassure toi, ici ou là bas, c’est la même chose,
il faut lutter pour vivre !
Rien n’est jamais gagné nulle
part !
Un jour, peut-être, tu auras cette chance de voir
et sentir le sol de ton pays vibrer sous tes pas !
A ce moment là, tu penseras à tous ceux qui ont
disparus pour cette belle terre, pleine de passions et de convoitises
idiotes.
De tout mon cœur, je pense à ce moment-là, qui,
j’en suis sûr, sera le plus beau jour de ta vie !
Comme j’aimerais être à tes côtés pour te tenir la
main
Toi, mon ami, mon frère, fils de Harki !
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